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OLLON-VILLARS, UN ÉCRIN EXCEPTIONNEL

La 8e rétrospective de la course de côte d’Ollon-Villars a été très réussie. Mise sur pied les 20 et 21 août, elle a réuni 300 participants, à commencer par Giacomo Agostini, le pilote le plus titré du Championnat du monde de moto avec un total de quinze titres mondiaux, et le triple champion du monde de F1 Jackie Stewart, engagé au volant de la Ferrari 275 GTB de son fils Paul Stewart. Nicolas Prost, fils du quadruple champion du monde de F1 Alain Prost, et Philppe Siffert, fils du regretté Jo Siffert, étaient eux aussi présents. Le premier au volant d’une Alpine A110 et le second avec une Porsche 917. «Il s’agit d’une réplique, mais elle est vraiment très fidèle à celle que pilota mon père et qui participa au tournage du film Le Mans avec Steve McQueen», nous a précisé Philippe Siffert.

 

Monoplaces de F1, de F2 et de F3, sport-prototypes, voitures de tourisme et de grand tourisme, motos et side-cars, le moins que l’on puisse écrire est qu’il y en a eu pour tous les goûts lors de la 8e rétrospective d’Ollon-Villars. JeanLuc Monachon et Frédéric Jouvenat, respectivement président et vice-président du comité d’organisation, ainsi que Georges Gachnang, président d’honneur et grand-père de l’ex-pilote de F1 Sébastien Buemi, avaient en effet à nouveau réuni un plateau particulièrement riche. 

 

Étant donné que la course de côte d’Ollon-Villars a eu lieu de 1953 à 1971, les voitures, motos et side-cars admis lors de cette 8e rétrospective doivent être similaires à ceux qui avaient couru à l’époque. Toute règle comporte cependant ses exceptions et la jeune pilote fribourgeoise Karen Gaillard s’est alignée avec une Formule 4 mise à disposition par l’écurie ACD Motorsport de Charly Croset. Ce dernier dispose de monoplaces de Formule 4 qui arborent les mêmes couleurs que les F1 actuelles (Red Bull, Ferrari, Mercedes-AMG, Aston Martin, McLaren…). Celle pilotée par Karen Gaillard avait les mêmes couleurs que l’Alfa Romeo-Sauber de Valtteri Bottas ! 

 

« J’ai vraiment été très heureuse de pouvoir m’aligner en Suisse pour une fois », nous a confié Karen Gaillard qui avait remporté en 2019 le Young Driver Challenge parmi 1’500 concurrents et qui court cette saison en France : « Je participe au championnat monomarque Mitjet qui réunit à chaque course entre 40 et 50 voitures. Mon objectif est toujours de devenir pilote professionnelle et, pourquoi pas, de disputer un jour les 24 Heures du Mans », nous a-t-elle confié.

 

LA SCUDERIA CEGGA

 

Plusieurs autres femmes étaient présentes à cette 8e rétrospective. Parmi elles, Natacha Gachnang, la cousine de Sébastien Buemi, qui a disputé à deux reprises les 24 Heures du Mans, en 2010 et en 2013, et qui se battait en Formule BMW avec son cousin Sébastien Buemi ainsi qu’avec Sebastian Vettel et Nico Hülkenberg qui sont tous les trois arrivés en F1. À Ollon-Villars, elle a piloté une Cegga-Ferrari dans la série spéciale «Scuderia Cegga». On rappellera que Cegga signifie Claude et Georges Gachnang Aigle. Claude Gachnang, décédé le 20 avril 2021 dans sa 88e année, et Georges Gachnang étant respectivement le grand-oncle et le grand-père de Natacha Gachnang.

 

Outre ses fonctions de président d’honneur d’Ollon-Villars, Georges Gachnang (91 ans) a piloté une magnifique CeggaMaserati Birdcage. En tout, ce ne sont pas moins de sept voitures qui ont défilé dans la série spéciale «Scuderia Cegga». Parmi elles, la Cegga de F1 que les deux frères Gachnang avaient construite en 1964, à savoir 29 avant les débuts de Sauber en Formule 1. Cette Cegga-F1 était pilotée par Alain Gillieron. À propos de Sauber, on notera que quatre prototypes du constructeur zurichois étaient présents cette année : une C1, deux C2 et une C3. Et puisque nous parlons de voitures suisses engagées dans cette rétrospective, on citera également la Borghi Diablerets, construite en 1969 par les frères Michel et Philippe Borghi. Une autre voiture qui sortait de l’ordinaire a été la Porsche 908/3 pilotée par Marc de Siebenthal: «Il s’agit d’une voiture d’usine qui n’a jamais couru et qui a été pilotée par Paul Frère et Willi Kauhsen lors d’essais à la Targa Florio», nous a-t-il appris

 

Sachez encore que, depuis les débuts de l’épreuve en 1953, dix éditions ont permis à un très nombreux public – jusqu’à 40’000 spectateurs en 1971 – de voir l’élite du sport automobile mondial s’élancer à l’assaut de celle qui a été, avec St-Ursanne-Les Rangiers et Sierre-Montana, «une des plus belles manches suisses du Championnat d’Europe de la montagne ». 

 

« JUSQU’À 40’000 SPECTATEURS EN 1971 »

 

Les plus grands pilotes helvétiques s’y sont illustrés, à commencer par Toulo de Graffenried, Jo Siffert, Herbert Müller et Silvio Moser. Même des champions du monde de F1 tels que Jack Brabham et Jim Clark y ont couru. C’est d’ailleurs un pilote de F1, en l’occurrence François Cevert, qui détient le record absolu du parcours. Il l’avait établi en 3′ 47 » 04, en 1971, lors de la dernière édition qui l’avait vu s’im – poser au classement général. Outre Toulo de Graffenried, Jo Siffert, Silvio Moser, Jack Brabham, Jim Clark et François Cevert déjà cités, de nombreux autres pilotes de F1 ont couru à Ollon-Villars. On mentionnera, sans être exhaustif, Nino Farina, Jean Behra, Wolfgang von Trips, Hans Herrmann, Lorenzo Bandini, Arturo Merzario, Jo Bonnier, Edgar Barth, Nino Vaccarella, Lodovico Scarfiotti, Gerhard Mitter et Rolf Stommelen. 

 

Lors de la rétrospective de 2007, il y avait même eu le Genevois Romain Grosjean et le Vaudois Sébastien Buemi, venus en voisins ! On relève encore que, à partir de 1965, les motos et les side-cars s’élancèrent également sur le tracé d’Ollon-Villars. Une des éditions les plus disputées avait été celle de 1967. Elle avait été le théâtre d’un formidable duel entre les deux Porsche d’usine de Gerhard Mitter et Rolf Stommelen. Le premier nommé s’imposa en pulvérisant le record signé lors de la précédente édition par la Ferrari de Lodovico Scarfiotti (4′ 09 » 8) en arrêtant les chronos en à peine 3′ 55 » 4 ! Le fait que Gerhard Mitter avait été le premier à faire voler en éclat la barrière des 4 minutes s’était traduit par un formidable écho médiatique. Cela correspondait en effet à une vitesse moyenne de plus de 120 km/h ! «C’est tout simplement prodigieux sur une route de montagne », pouvait-on lire dans la Tribune de Lausanne

 

Un magnifique panorama

 

Lorsqu’on demande à Philippe Michiels, en charge des partenariats et du sponsoring au sein du comité d’organisation, quelles sont les raisons de la popularité de la course de côte d’Ollon-Villars, sa réponse fuse : «Il y en a plusieurs. Parmi les principales raisons, je citerais son tracé. Il n’a pas changé depuis que les grands noms du Championnat d’Europe de la montagne s’y sont affrontés. Son écrin, au milieu d’un magnifique panorama, est tout simplement exceptionnel. »

 

 «Une autre raison est que notre comité d’organisation réunit des passionnés, et que tous les concurrents sont très chaleureusement accueillis, peu importe qu’ils s’y alignent avec une petite voiture ou avec un modèle valant plusieurs centaines de milliers de francs. Cette chaleur, de l’avis de nombreux concurrents qui ont disputé d’autres épreuves historiques, tendrait à disparaître. Chez nous, tous sont les bienvenus et notre plus belle récompense est de les voir heureux », conclut Philippe Michiels. Il suffit en effet de voir les sourires affichés lors de la soirée de gala au Villars-Palace par Jackie Stewart et Giacomo Agostini, accompagnés de l’ancien champion de Suisse des rallyes Philippe Camandona et de son épouse Michelle, pour s’en convaincre

Philippe Siffert et sa Porsche 917.
Georges Gachnang, toujours au volant d’une voiture de course à 91 ans !
La Cegga-Ferrari SP-01 de la famille Gachnang.
«Il s’agit d’une Porsche 908/3 d’usine qui n’a jamais couru et qui a été pilotée par Paul Frère et Willi Kauhsen lors d’essais à la Targa Florio.» Marc de Siebenthal
La Borghi Diablerets construite en 1969 par les frères Michel et Philippe Borghi.
Fredi Moser, le pilote de l’ex-Shadow DN1 de F1 de Jackie Oliver, arbore ici un large sourire entre Jackie Stewart et Giacomo Agostini.
La bonne humeur est au rendez-vous avec (de g. à dr.) Jackie Stewart, Michelle Camandona, Giacomo Agostini et Philippe Camandona.
1. Le pilote tessinois de F1 Silvio Moser.
2. Nino Farina, champion du monde de F1 en 1950.
3. Lorenzo Bandini, le regretté pilote d’usine Ferrari.
4. Georges Rossetti sur la ligne de départ.
5. Le triple champion du monde australien Jack Brabham (à g.) et le Suédois Jo Bonnier.
6. Edgar Barth, multiple champion d’Europe de la montagne et pilote d’usine Porsche.
7. François Cevert, le détenteur du record du parcours en 3’47’’04.
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