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Jean Tinguely : « La roue c’est tout ! »

S’il est un artiste dont plusieurs œuvres sont étroitement liées à la compétition automobile, c’est bien Jean Tinguely. Originaire de Pontla-Ville en Gruyère, né à Fribourg le 22 mai 1925 et décédé à Berne le 30 août 1991, il fait actuellement l’objet d’une nouvelle exposition au Musée Tinguely de Bâle. Celle-ci, intitulée «La roue c’est tout !», a été vernie le 7 février et durera jusqu’au printemps 2025. Elle présente sous un jour nouveau plusieurs de ses œuvres, notamment le triptyque qui rend hommage au pilote suédois Joakim Bonnier décédé en 1972 aux 24 Heures du Mans. Bon à savoir : différents documentaires, dont Jean Tinguely, le sport automobile ou la passion de l’absurde», seront diffusés en permanence durant toute la durée de l’exposition.

 

Évoquer le Musée Tinguely, qui vaut à lui seul le déplacement à Bâle, c’est avant tout évoquer son concepteur, le célèbre architecte tessinois Mario Botta. Après la Banque de l’État de Fribourg (1981), la Cathédrale d’Évry (1988) ou encore le Musée d’art moderne de San Francisco (1995) pour ne citer que trois de ses nombreux bâtiments emblématiques, Mario Botta a en effet conçu le Musée Tinguely (1996) de façon à ce que ses salles accueillent les machines géantes de Jean Tinguely, à commencer par « Pit-Stop », sculpture mobile réalisée à partir d’une Renault de F1 d’Alain Prost, et surtout par la « Grosse Méta-Maxi Maxi-Utopia » qui mesure 17 m de long et 8 m de haut. La « Grosse Méta-Maxi-Maxi-Utopia est la plus grande sculpture mécanique de Jean Tinguely, la seule sur laquelle on puisse marcher ! Elle est constituée d’innombrables rouages qui, animés par des moteurs, mettent en mouvement plusieurs roues, dont celle d’une monoplace de F1 de son grand ami, le pilote fribourgeois Jo Siffert. Celui-ci, né le 7 juillet 1936 et décédé le 24 octobre 1971 sur le circuit de Brands Hatch, a eu droit à une magnifique fontaine de Jean Tinguely dans sa ville natale de Fribourg. C’est une fontaine similaire qui trône devant l’entrée principale du Musée Tinguely, une institution culturelle du groupe pharmaceutique bâlois Roche. Les jets d’eau de cette fontaine, qui appartenait à Paul Sacher, généreux mécène et président du conseil d’administration de Roche, ne ressemblent pas seulement à ceux de la Fontaine Jo Siffert de Fribourg. Ils ressemblent également à ceux de la fontaine que Jean Tinguely et son épouse Niki de Saint Phalle ont érigée en 1988 dans la ville de Château-Chinon à la demande du président de la République française François Mitterrand. Maire de Château-Chinon de 1959 à 1981 et président du conseil général de la Nièvre de 1964 à 1981, François Mitterrand avait usé de toute son influence présidentielle pour que le circuit de Magny-Cours, à 75 km de Château-Chinon, accueille le Grand Prix de France de F1 à partir de 1991 à la place du circuit du Castellet !

 

Jean Tinguely a-t-il parlé de sport automobile avec François Mitterrand lorsque ce dernier vint inaugurer la fontaine de Château-Chinon le 10 mars 1988? On l’ignore! Ce qui est certain en revanche, c’est que le Musée Tinguely de Bâle dispose de plusieurs œuvres directement inspirées du monde de la compétition automobile. Outre le triptyque « Mémorial pour Joakim Bonnier » et « Pit-Stop » évoqués au début de cet article, on relèvera « Les cinq veuves », cinq poupées géantes conçues par Eva Aeppli, la première épouse de Jean Tinguely, qui posent à côté d’une ancienne Lotus de F1 de Jim Clark. Double champion du monde de F1, en 1963 et en 1965, Jim Clark perdit la vie en 1968, pour la plus grande peine de ses quatre sœurs et de sa mère, qualifiées justement de cinq veuves par Jean Tinguely ! Le décès de Jim Clark, le 7 avril 1968, lors d’une course de F2 sans grande importance, dévasta Jean Tinguely. Il en fut de même lorsque Jo Siffert perdit la vie, trois ans plus tard, le 24 octobre 1971 à Brands Hatch, lui aussi lors d’une course secondaire, en l’occurrence un Grand Prix de F1 ne comptant pas pour le Championnat du monde de la spécialité. À sa mémoire, Jean Tinguely n’offrit pas seulement la Fontaine « Hommage à Jo Siffert » à la ville de Fribourg, il participa également aux commémorations du 10 e anniversaire de la mort du pilote fribourgeois à la course de côte de St-Ursanne – Les Rangiers. À cette occasion, Jean Tinguely ne réalisa pas seulement l’affiche de la manifestation, appelée « Mémorial Jo Siffert ». Son char Klamauk, réalisé sur un tracteur suisse Bucher, escalada le parcours de la course de côte entouré de plusieurs Ferrari, sa marque de voitures préférée. C’est ce même char Klamauk que l’on peut admirer aujourd’hui au Musée Tinguely à côté de la « Grosse Méta-Maxi-Maxi-Utopia » que Jean Tinguely avait réalisée pour la grande rétrospective que lui avait consacrée en 1987 le Palazzo Grassi à Venise. Après les décès de Jim Clark, et surtout ceux de Jo Siffert et de Joakim Bonnier avec lesquels il s’était lié d’amitié, Jean Tinguely reporta son amour de la F1 sur Jacky Ickx, Clay Regazzoni et Niki Lauda. Maria Pia Regazzoni, la veuve de Clay Regazzoni, est très heureuse d’avoir pu garder le trophée réalisé par Jean Tinguely que son mari reçoit lorsqu’il remporta le Grand Prix de Suisse disputé à Dijon en 1975. Niki Lauda nous avait confié il y a quelques années qu’il avait lui aussi conservé dans son bureau de Vienne la sculpture que lui avait offerte Jean Tinguely, « un pot de fleurs surmonté d’une plume qu’un petit moteur électrique faisait monter et descendre », nous avait détaillé le triple champion du monde de F1. Niki Lauda vouait une grande admiration à Jean Tinguely. Lui qui avait l’habitude de donner à chacun des avions de sa compagnie aérienne Lauda Air le nom d’une personnalité, par exemple John Lennon, Romy Schneider ou Ayrton Senna, baptisa un de ses avions « Jean Tinguely » !

 

« NIKI LAUDA VOUAIT UNE GRANDE ADMIRATION À JEAN TINGUELY. LUI QUI AVAIT L’HABITUDE DE DONNER À CHACUN DES AVIONS DE SA COMPAGNIE AÉRIENNE LAUDA AIR LE NOM D’UNE PERSONNALITÉ, PAR EXEMPLE JOHN LENNON, ROMY SCHNEIDER OU AYRTON SENNA, BAPTISA UN DE SES AVIONS JEAN TINGUELY ! »

 

Dans la nouvelle exposition « La roue c’est tout ! », le documentaire Jean Tinguely, le sport automobile ou la passion de l’absurde » est diffusé en permanence. L’artiste fribourgeois y parle de Niki Lauda en des termes élogieux et tous les passionnés de sport automobile le visionnent avec beaucoup d’intérêt. Le principal point fort de la nouvelle exposition est cependant « L’éloge de la folie » que le Musée Tinguely vient d’acheter. Il s’agit d’un gigantesque rouage à plat de 7,8 m de long et de 5,4 m de haut. Sa mise en place dans le musée a fait l’objet d’une très intéressante vidéo*. Détail intéressant, parmi les différentes personnes qui l’ont assemblée, on citera Jean Sébastien Tinguely, un des trois enfants de Jean Tinguely. Tout comme sa demi-sœur Myriam Tinguely et son demi-frère Milan Tinguely, il est lui aussi artiste. 

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