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Don Nichols L’espion de Shadow Racing

Le sport automobile, dans ce qu’il a de plus fou et légendaire, est orphelin : déjà presque cinq ans que cette fantasque figure américaine nous a quittés ! Retour sur une légende disparue à Salinas (Californie), le 27 août 2017. Le mystère demeure.

Hommage : énigmatique Don Nichols, l’espion reconverti

DON NICHOLS laisse derrière lui un catogan facilement reconnaissable sur les paddocks, un logo en forme d’espion masqué, des épopées pétaradantes, un mythe qui mêle Can-Am, Formule 1, F 5000, fameux pilotes et prises de risque.

Quelques zones d’ombre entachent une biographie où l’aventure fleure bon à la fois l’espionnage, les services secrets et la Corée du Nord. A propos d’ombre encore, il propulsera le mot «Shadow» en véritable marque, l’associant à des voitures mythiques, des exploits improbables ainsi qu’à des épisodes dont raffolent toujours les fans de course automobile du monde.

Il paraît qu’il voulait en découdre, être mobilisé à tout prix, partir au combat. Il en ratera même ses études, se privant de diplômes. Toujours est-il que vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, il sera l’un des premiers paras US à sauter sur les lignes normandes du front allemand, risquant de mourir des conséquences d’une explosion. Soigné, retapé et rabiboché, il rempilera pour la Guerre de Corée où il sera également blessé. L’homme se relève, comme à chaque fois. Il s’installe au Japon dont il connaît la langue et la culture. Il apparaît certain qu’en marge du business qu’il y exerce, le commerce de pneus notamment, il sera alors actif pour la CIA. Don Nichols ne le confirmera jamais ni ne l’infirmera. Peu disert, il laissera jusqu’à la fin planer le doute sur cette période de sa vie…

Son écurie, la « Shadow Racing Cars », déboule en Can-Am (1971-1973), la « Canadian-American Challenge Cup ». David Malsher, rédacteur américain chez motorsport.com, raconte : « Don Nichols recrute alors Trevor Harris, un ingénieur de talent mais aux idées extravagantes, qui lui dessine une voiture de type CanAm révolutionnaire : la AVS Shadow Mk.1, une sorte de super kart propulsé par un moteur V8 Chevrolet de cinq litres qui produit 600 chevaux. Harris désire que sa voiture génère le moins de traînée possible et dessine une partie avant ultra plate. Il convainc Firestone Legends Magazine de produire des pneus de 17 pouces à l’avant et de 19 pouces à l’arrière (ndlr : au lieu des 24 et 26 pouces habituels). Le pilote est assis au milieu de ce treillis de tubes, le tronc complètement exposé. Le radiateur d’eau est situé sous l’énorme aileron arrière. Qui dit petites roues dit aussi petits freins. Les disques étaient nettement trop petits pour ralentir la bête, et George Follmer, son pilote, devait mettre la Shadow en glissade avant les virages afin de ralentir convenablement, façon rallye ! »

De 1966 à 1974, le Can-Am, le Canadian-American Challenge Cup était un championnat automobile qui se déroulait en Amérique du Nord dans deux villes canadiennes et quatre américaines. Y courraient des voitures de type « Prototype » (conçues de A à Z ou modifiées). Co-organisé par l’Association canadienne de rallye et le Sports Car Club of America, son règlement n’imposait quasiment pas de restriction de puissance ni d’aérodynamique : ses règles très basiques permettaient divers types de moteurs, d’améliorations (suralimentation, surcompression) et d’innovations. Il fut donc une véritable compétition de puissance et de technologie.

Lancement de l’écurie Shadow Racing en Formule 1

Puis, pendant 7 ans, de 1973 à 1980, Don Nichols propulse son écurie en F1. Cette année-là, il fait construire la DN1 à moteur Ford Cosworth que piloteront Follmer et Jackie Oliver en 1973. Au total, 104 Grands prix, 67,5 points, trois pole positions et une victoire d’Alan Jones au Grand Prix automobile d’Autriche en 1977. Rarement une écurie n’aura à ce point, dans un laps de temps si court, généré autant d’engouement. De retour d’Asie, après avoir notamment contribué au développement du circuit de Fuji au Japon, il créera dès 1968 son écurie de course aux États-Unis. D’abord nommée AVS (Advanced Vehicle Systems), elle restera pour tous « Shadow Racing ». Quelques coups durs émailleront cette trépidante aventure automobile, des crashs et des victoires aussi.am nunc, blandit vel, luctus pulvinar, hendrerit id, lorem. Maecenas nec odio et ante tincidunt tempus. Donec vitae sapien ut libero venenatis faucibus. Nullam quis ante. Etiam sit amet orci eget eros faucibus tincidunt. Duis leo. Aliquam lorem ante, dapibus in, viverra quis, feugiat a, tellus.

Le pilote français Jean-Pierre Jarier, qui montera sur le podium à Monaco, résume la situation : « Chez Shadow, j’ai fait des pole positions et mené des courses, mais la voiture n’était pas fiable ». Et d’ajouter, non sans nostalgie : « Même chose avec les Shadow Dodge en Can-Am et des moteurs qui cassaient tout le temps. C’était dur d’aller vite, de bien régler la voiture et de ne rien récolter. Avec la Shadow F1, on arrivait à faire de bonnes performances, mais elle n’était pas du tout fiable. On a connu tous les ennuis, des problèmes de pompage d’essence dans le réservoir. Des trucs stupides, qui n’arrivent plus maintenant ». N’empêche que les Shadow DN8 et DN9 de Clay Regazzoni et Hans-Joachim Stuck termineront trois fois au cinquième rang en 1978. Un an plus tard, Elio de Angelis décrochera une quatrième place lors du dernier Grand Prix de la saison 1979 à Watkins Glen.

S’en suit une scission dans laquelle l’homme d’affaire et sponsor feu Franco Ambrosio (1932-2009) entraînera la « garde rapprochée » de Don Nichols pour créer l’écurie « Arrows ». Contre cette dissidence, Don Nichols gagne un procès à la Haute Cour de Londres. Leur FA1 ressemble décidément trop à sa Shadow DN9 ! Finalement, en 1980, le businessman indonésien-néerlandais Teddy Yip, artisan de l’essor de Macao et fondateur dix ans plus tôt de Theodore Racing, reprend l’écurie. Hélas, il tire la prise après le Grand Prix de France. Rien ne va plus, Don Nichols se retire.

 

Tandis que son ombre planait encore régulièrement le long des tracés des circuits de voitures anciennes, l’énigmatique ancien espion, parti à l’âge de 92 ans, continuait de fasciner par ses bolides Shadow, habillés de leur magnifique robe noire, qui conservent une élégance immuable. De véritables stars aux yeux de milliers d’aficionados dans le monde.

Les initiales «DN» qui désignent les voitures sont celles de Don Nichols

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